La classe B, concrètement
Derrière la lettre B, deux bornes chiffrées : de 71 à 110 kWh/m²/an d'énergie primaire consommée, et de 7 à 11 kg CO₂/m²/an d'émissions. Sur le document remis par le diagnostiqueur, cette combinaison se lit « logement très performant ».
La lettre traduit une enveloppe sérieuse et un générateur efficace, sans que tout soit optimal. Le cas le plus courant est celui d'un logement bien isolé chauffé par une pompe à chaleur, dont la production d'eau chaude ou la ventilation restent d'une génération antérieure. L'écart avec le niveau supérieur se joue souvent sur un seul poste, que le rapport identifie ligne à ligne.
Le calcul retient toujours la moins favorable des deux échelles. Un logement dont la consommation relèverait du haut du tableau peut donc rester bloqué par ses émissions s'il conserve un appoint au gaz ou un insert utilisé en continu, situation fréquente dans les maisons du Vaucluse et de l'arrière-pays varois, où le bois d'appoint est resté un usage courant.
Depuis le 1er janvier 2026, la conversion de l'électricité en énergie primaire s'effectue avec un coefficient de 1,9 au lieu de 2,3, en application de l'arrêté du 13 août 2025. Des logements tout électriques qui frôlaient le seuil ont rejoint cette classe sans qu'aucun travail n'ait été fait chez eux. Le recalcul est gratuit et ne suppose pas de nouvelle visite.
Le poids de la classe B sur les six départements
Notre extraction régionale de la base ADEME compte 1 235 647 diagnostics ; 137 112 d'entre eux aboutissent à la lettre B, ce qui en fait 11,1 % des logements diagnostiqués de la région.
Lisez ce pourcentage pour ce qu'il mesure : les biens passés entre les mains d'un diagnostiqueur depuis juillet 2021, donc surtout ceux qui se vendent ou se louent. Le parc total, résidences secondaires fermées l'hiver comprises, n'y figure pas en entier. La répartition commune par commune affine le constat pour votre secteur.
Louer un logement classé B : où en est le calendrier
Oui, librement : aucune échéance de la décence énergétique ne s'applique.
Le bail se signe sans condition liée à l'étiquette, le loyer se révise normalement, et aucune mention d'excès de consommation énergétique n'accompagne l'annonce, celle-ci n'étant obligatoire que pour les classes F et G.
Sur un marché où les résidences secondaires sont nombreuses, le littoral comme les stations des Alpes du Sud, l'étiquette pèse surtout sur la location à l'année : le locataire compare des charges, pas des lettres, et une bonne classe se traduit par une facture de chauffage basse qu'il constate dès le premier hiver.
En meublé de tourisme, l'enregistrement sur le téléservice national prévu par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 est exigé au plus tard le 20 mai 2026, quelle que soit la lettre du logement. Le plancher de performance que le même texte instaure pour les nouvelles autorisations de changement d'usage est largement franchi ici.
Les échéances de location, dans l'ordre
- 1er janvier 2025 : Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location.
- 1er janvier 2028 : Les logements classés F rejoindront cette interdiction.
- 1er janvier 2034 : Les logements classés E la rejoindront à leur tour.
Ces dates s'appliquent telles quelles sur les six départements de la région, comme partout en métropole ; seul l'outre-mer bénéficie d'un calendrier décalé.
La vente d'un logement B
Pas d'audit énergétique à fournir : l'obligation démarre à la classe E depuis le 1er janvier 2025, et visait déjà les classes F et G depuis le 1er avril 2023.
L'acquéreur regarde deux choses derrière la lettre : la date du rapport et le détail de la consommation par poste. Un diagnostic récent, cohérent avec les factures présentées, vaut mieux qu'un rapport ancien affichant la même classe, et un document établi avant le 1er juillet 2021 n'est de toute façon plus valable.
Le dossier de diagnostic technique d'une maison dépasse ici largement le volet énergétique : termites dans les communes visées par un arrêté préfectoral, état des risques de moins de six mois, amiante si le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, plomb si la construction est antérieure au 1er janvier 1949. Un bien classé B est souvent récent, ce qui écarte ces deux dernières recherches.
L'audit énergétique à la vente, classe par classe
- 1er avril 2023 : classes F et G.
- 1er janvier 2025 : classe E.
- 1er janvier 2034 : classe D.
Cet audit ne vise que les maisons et immeubles détenus par un seul propriétaire, cas très répandu ici où la maison individuelle domine le parc. Il s'ajoute au DPE sans jamais s'y substituer.
Faire progresser un logement B
Le passage au niveau supérieur se joue rarement sur l'isolation, déjà faite, mais sur l'eau chaude sanitaire : un chauffe-eau thermodynamique ou une production solaire déplacent le poste devenu le plus lourd dans un logement sobre.
Vient ensuite la ventilation. Une installation hygroréglable correctement posée réduit les déperditions et corrige les désordres d'humidité que l'étanchéité à l'air d'une construction récente peut faire apparaître, notamment dans les pièces d'eau.
Le résultat officiel ne se devine pas : une estimation en ligne donne un ordre de grandeur utile pour arbitrer, mais seul un diagnostic établi par un professionnel certifié produit une étiquette opposable et enregistrée.
Deux réflexes avant de budgéter quoi que ce soit : passer le bien au simulateur DPE gratuit pour situer la lettre probable, puis retrouver le diagnostic déjà enregistré si le logement a été vendu ou loué depuis 2021.
Les sept classes, côte à côte
| Classe | Énergie (kWh/m²/an) | Climat (kg CO₂/m²/an) |
|---|---|---|
| Classe A | jusqu'à 70 | jusqu'à 6 |
| Classe B | de 71 à 110 | de 7 à 11 |
| Classe C | de 111 à 180 | de 12 à 30 |
| Classe D | de 181 à 250 | de 31 à 50 |
| Classe E | de 251 à 330 | de 51 à 70 |
| Classe F | de 331 à 420 | de 71 à 100 |
| Classe G | plus de 420 | plus de 100 |
L'étiquette retenue est toujours la moins bonne des deux. Ces seuils sont assouplis pour les logements de moins de 40 m² depuis l'arrêté du 25 mars 2024, et le calcul de la part électrique a changé au 1er janvier 2026.