La classe C, concrètement
Derrière la lettre C, deux bornes chiffrées : de 111 à 180 kWh/m²/an d'énergie primaire consommée, et de 12 à 30 kg CO₂/m²/an d'émissions. Sur le document remis par le diagnostiqueur, cette combinaison se lit « logement performant ».
La lettre décrit un bâti dont les principales déperditions ont été traitées sans que la performance soit poussée : combles isolés, menuiseries en double vitrage, générateur en bon état. Un tel logement consomme nettement moins qu'un logement médian tout en restant loin du niveau des constructions neuves.
Le profil dominant dans les six départements est la maison des années 1990 et 2000, ou une maison plus ancienne dont la toiture et le chauffage ont été repris. En habitat collectif, c'est souvent la classe des immeubles des années 1980 dont le chauffage collectif est entretenu et régulé.
Le climat aide sur le littoral : dans les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône et le Var, la méthode retient la zone la plus clémente de son annexe climatique, et les besoins de chauffage calculés y sont plus faibles qu'ailleurs à bâti identique. L'inverse vaut dans les Hautes-Alpes, classées en zone de montagne, et dans une moindre mesure en Vaucluse et dans les Alpes-de-Haute-Provence. Une maison qui décroche cette classe à Hyères peut se retrouver un cran en dessous à Briançon.
Le poids de la classe C sur les six départements
Notre extraction régionale de la base ADEME compte 1 235 647 diagnostics ; 524 547 d'entre eux aboutissent à la lettre C, ce qui en fait 42,5 % des logements diagnostiqués de la région.
Lisez ce pourcentage pour ce qu'il mesure : les biens passés entre les mains d'un diagnostiqueur depuis juillet 2021, donc surtout ceux qui se vendent ou se louent. Le parc total, résidences secondaires fermées l'hiver comprises, n'y figure pas en entier. La répartition commune par commune affine le constat pour votre secteur.
Louer un logement classé C : où en est le calendrier
Oui, sans restriction : cette classe n'est visée par aucune interdiction de louer.
Aucune des trois dates de la décence énergétique ne la concerne, et le gel des loyers réservé aux classes F et G ne s'y applique pas. Le bail suit le droit commun, l'annonce mentionne la classe et la consommation, sans mention d'excès.
En meublé de tourisme, la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 fixe un plancher de performance pour les nouvelles autorisations de changement d'usage, puis relève ce plancher à la classe D au 1er janvier 2034 pour les meublés soumis à autorisation. Un logement classé C reste au-dessus de ces deux exigences, avec une marge d'un cran sur la seconde.
Ce sont les communes ayant instauré l'autorisation de changement d'usage qui contrôlent ce plancher au moment de la demande, ce qui concerne en premier lieu les communes littorales et les stations. L'enregistrement sur le téléservice national, lui, s'impose à tous les meublés, au plus tard le 20 mai 2026.
Les échéances de location, dans l'ordre
- 1er janvier 2025 : Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location.
- 1er janvier 2028 : Les logements classés F rejoindront cette interdiction.
- 1er janvier 2034 : Les logements classés E la rejoindront à leur tour.
Ces dates s'appliquent telles quelles sur les six départements de la région, comme partout en métropole ; seul l'outre-mer bénéficie d'un calendrier décalé.
La vente d'un logement C
Aucun audit énergétique n'est demandé : l'obligation s'arrête à la classe E depuis le 1er janvier 2025, et le calendrier ne prévoit la classe D qu'au 1er janvier 2034.
Cette classe se vend sans discussion sur l'énergie, ce qui déplace la négociation vers le reste du dossier. Plusieurs départements de la région sont classés en zone de sismicité modérée à moyenne : l'état des risques en informe l'acquéreur, et il ne déclenche aucun diagnostic sismique à la vente d'un logement existant.
Le diagnostic est valable dix ans. Un rapport établi entre janvier 2018 et juin 2021 a cessé de produire effet le 31 décembre 2024 : un bien qui n'a pas été rediagnostiqué depuis n'a plus d'étiquette utilisable pour être mis en vente.
L'audit énergétique à la vente, classe par classe
- 1er avril 2023 : classes F et G.
- 1er janvier 2025 : classe E.
- 1er janvier 2034 : classe D.
Cet audit ne vise que les maisons et immeubles détenus par un seul propriétaire, cas très répandu ici où la maison individuelle domine le parc. Il s'ajoute au DPE sans jamais s'y substituer.
Faire progresser un logement C
Passer au niveau supérieur suppose de traiter les murs, ce que les chantiers précédents ont en général évité. L'isolation par l'extérieur est la plus efficace sur une maison individuelle, et c'est aussi celle qui améliore le comportement estival, puisqu'elle laisse la masse du mur du côté intérieur.
Le second levier est le générateur : remplacer une chaudière au gaz par une pompe à chaleur déplace le logement sur les deux échelles à la fois, la consommation et les émissions, alors qu'un geste sur l'enveloppe seule n'agit que sur la première.
Le troisième est estival et ne se lit pas sur la lettre. Sur un logement bien isolé, l'inconfort d'août vient des apports solaires par les vitrages et de nuits trop douces pour évacuer la chaleur accumulée. Occultations extérieures et surventilation nocturne coûtent peu, sous réserve des règles d'urbanisme locales et de l'accord de la copropriété quand la façade est concernée.
Deux réflexes avant de budgéter quoi que ce soit : passer le bien au simulateur DPE gratuit pour situer la lettre probable, puis retrouver le diagnostic déjà enregistré si le logement a été vendu ou loué depuis 2021.
Les sept classes, côte à côte
| Classe | Énergie (kWh/m²/an) | Climat (kg CO₂/m²/an) |
|---|---|---|
| Classe A | jusqu'à 70 | jusqu'à 6 |
| Classe B | de 71 à 110 | de 7 à 11 |
| Classe C | de 111 à 180 | de 12 à 30 |
| Classe D | de 181 à 250 | de 31 à 50 |
| Classe E | de 251 à 330 | de 51 à 70 |
| Classe F | de 331 à 420 | de 71 à 100 |
| Classe G | plus de 420 | plus de 100 |
L'étiquette retenue est toujours la moins bonne des deux. Ces seuils sont assouplis pour les logements de moins de 40 m² depuis l'arrêté du 25 mars 2024, et le calcul de la part électrique a changé au 1er janvier 2026.