Trois zones climatiques pour six départements
C'est la particularité de la région, et elle est mal connue. La méthode de calcul officielle, publiée à l'annexe 1 de l'arrêté du 31 mars 2021, découpe la France métropolitaine en huit zones climatiques et attribue une zone à chaque département. Les six départements de Provence-Alpes-Côte d'Azur se répartissent sur trois d'entre elles.
- Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et Var relèvent de H3, la zone la plus tempérée des huit. Les besoins de chauffage conventionnels y sont les plus faibles du pays.
- Alpes-de-Haute-Provence et Vaucluse relèvent de H2d, une zone intermédiaire qui couvre la vallée du Rhône et l'arrière-pays.
- Hautes-Alpes relèvent de H1c, une zone de montagne, la plus exigeante des trois présentes ici.
Conclusion pratique : une même maison, avec la même enveloppe et les mêmes équipements, ne produit pas la même consommation calculée à Cagnes-sur-Mer et à Briançon. L'écart n'est pas anecdotique, il porte sur le poste le plus lourd du diagnostic. Toute affirmation qui range la région entière dans une seule zone est donc fausse pour la moitié de son territoire, et c'est une confusion fréquente dans les contenus rédigés depuis Paris.
Ce simulateur applique la zone de votre département, transcrite de l'annexe 1 ligne à ligne. Une limite mérite d'être connue : la méthode officielle corrige aussi le zonage selon l'altitude de la commune, en trois tranches. Le simulateur ne reçoit qu'un code postal et ignore cette correction. Dans les Hautes-Alpes et le haut pays des Alpes-de-Haute-Provence, lisez donc le résultat comme un ordre de grandeur, jamais comme un pronostic de lettre.
Ce que le calcul compte, et que l'on oublie ici : la climatisation
Le diagnostic ne mesure pas votre facture, il calcule une consommation conventionnelle sur cinq usages : chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, auxiliaires (pompes, ventilateurs) et éclairage. Le troisième pèse peu dans une maison bretonne. Il pèse ici.
Une climatisation installée fait donc entrer une consommation d'été dans une étiquette que tout le monde associe au chauffage. Le solde n'est pas toujours défavorable : quand une pompe à chaleur air-air réversible remplace des convecteurs électriques, le poste chauffage recule beaucoup plus que le poste refroidissement ne progresse. Elle est défavorable, en revanche, lorsque des splits sont ajoutés à une maison déjà chauffée au gaz sans que rien d'autre ne change.
À côté de cette consommation, le rapport de diagnostic porte un indicateur de confort d'été distinct, apprécié sur l'inertie des parois, la présence de protections solaires extérieures et la possibilité de ventiler la nuit. Il ne modifie pas la lettre et n'emporte aujourd'hui aucune conséquence réglementaire. Une villa des années 1970 à toiture-terrasse peut ainsi afficher une étiquette correcte et rester invivable en août. Le sujet est traité à part dans notre glossaire du diagnostic.
Ce que neuf questions ne peuvent pas voir
Un diagnostic réalisé sur place mobilise une centaine de relevés. Ce questionnaire en pose neuf, et rend pour cette raison une fourchette plutôt qu'une lettre unique. Les écarts qui subsistent tiennent surtout à ce que seul un déplacement établit :
- l'épaisseur réelle des isolants et le traitement des jonctions, très variables dans les villas construites entre 1960 et 1980 ;
- le comportement d'une toiture-terrasse, fréquente ici et souvent le premier poste de déperdition comme de surchauffe ;
- l'inertie d'un mur de pierre de maison de village ou de mas, que le questionnaire ne sait pas distinguer d'un mur creux ;
- le statut exact d'un sous-sol ou d'une pièce en rez-de-jardin, selon qu'elle est chauffée ou non ;
- la production solaire installée, thermique comme photovoltaïque, absente du questionnaire.
Pour un document opposable, exigé dès la mise en ligne de l'annonce et attendu par le notaire, il faut un professionnel certifié qui se déplace. Les tarifs relevés et ce qui les fait varier sont détaillés sur notre page prix d'un DPE.
Le coefficient de 1,9 depuis le 1er janvier 2026
Convertir l'électricité consommée en énergie primaire suppose un coefficient. Il valait 2,3 depuis l'origine de la méthode ; l'arrêté du 13 août 2025 l'a fixé à 1,9 à compter du 1er janvier 2026. Pour un logement chauffé à l'électricité, la consommation affichée recule d'environ 17 % sans qu'aucun chantier ait été mené, et certains biens changent de lettre.
L'effet est important dans la région, où le chauffage électrique équipe une grande part des maisons et des appartements construits après 1975, précisément parce que les besoins de chauffage y sont modérés. Le recalcul des diagnostics déjà établis est pris en charge sans nouvelle visite et sans frais pour le propriétaire. Le détail des textes et du calendrier est dans notre guide du DPE en 2026, et la valeur de 1,9 est déjà celle qu'applique le simulateur ci-dessus.
Ce que la lettre déclenche, et pour qui
Le diagnostic est exigé à la vente comme à la mise en location, et sa durée de validité est de dix ans. Au-delà de cette formalité, la lettre commande des obligations qui ne visent pas tout le monde de la même façon.
- Location en résidence principale : les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034.
- Vente : un audit énergétique s'ajoute au dossier pour les maisons classées F ou G depuis avril 2023, et pour les E depuis janvier 2025.
- Résidence secondaire non louée : le calendrier d'interdiction ne s'applique pas, mais l'audit reste dû à la vente. La distinction compte dans une région où près d'un logement sur six n'est pas une résidence principale.
Ce que la lettre coûte ou rapporte au moment de vendre se chiffre, lui, sur notre estimateur de valeur verte.
