La classe E, concrètement
Derrière la lettre E, deux bornes chiffrées : de 251 à 330 kWh/m²/an d'énergie primaire consommée, et de 51 à 70 kg CO₂/m²/an d'émissions. Sur le document remis par le diagnostiqueur, cette combinaison se lit « logement peu performant ».
La lettre décrit un logement peu performant sans être une passoire : enveloppe d'origine, chauffage ancien, ou les deux à la fois compensés par un climat clément. Le rapport distingue ces situations, et elles n'appellent pas les mêmes travaux, ni le même budget.
Sur le littoral, beaucoup de logements y figurent par leur consommation malgré des besoins de chauffage faibles, parce que l'enveloppe n'a jamais été traitée et que la climatisation est comptée dans le calcul. Dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, les mêmes travaux non faits produisent une étiquette plus basse encore, la zone climatique retenue par la méthode y étant plus rigoureuse.
Depuis le 1er janvier 2026, la part électrique de la consommation se convertit avec un coefficient de 1,9 au lieu de 2,3, en application de l'arrêté du 13 août 2025. Des logements chauffés à l'électricité sont remontés de la classe F vers celle-ci, ce qui les a fait sortir du gel des loyers et de l'échéance de 2028. Le recalcul est gratuit et ne demande pas de nouvelle visite.
Le poids de la classe E sur les six départements
Notre extraction régionale de la base ADEME compte 1 235 647 diagnostics ; 140 292 d'entre eux aboutissent à la lettre E, ce qui en fait 11,4 % des logements diagnostiqués de la région.
Lisez ce pourcentage pour ce qu'il mesure : les biens passés entre les mains d'un diagnostiqueur depuis juillet 2021, donc surtout ceux qui se vendent ou se louent. Le parc total, résidences secondaires fermées l'hiver comprises, n'y figure pas en entier. La répartition commune par commune affine le constat pour votre secteur.
Louer un logement classé E : où en est le calendrier
Oui, jusqu'au 1er janvier 2034 : la location reste autorisée et le loyer n'est pas gelé.
Au 1er janvier 2034, un logement classé E ne pourra plus être proposé à la location, en application de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021. D'ici là aucune restriction ne s'applique : ni gel du loyer, ni mention d'excès de consommation dans l'annonce.
L'échéance vise la conclusion de nouveaux baux. Un bail en cours n'est pas rompu par le passage de la date, mais le logement ne pourra plus être reloué ensuite : pour un bien meublé, dont les baux sont courts, le calendrier est donc plus proche qu'il n'en a l'air.
En meublé de tourisme, cette classe est aujourd'hui le plancher exigé par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 pour obtenir une nouvelle autorisation de changement d'usage dans les communes qui l'ont instaurée, avant un relèvement à la classe D au 1er janvier 2034 pour les meublés soumis à autorisation. Le sujet est tout sauf théorique dans les communes littorales du Var et des Alpes-Maritimes comme dans les stations alpines, où la location saisonnière est une pratique courante.
Les échéances de location, dans l'ordre
- 1er janvier 2025 : Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location.
- 1er janvier 2028 : Les logements classés F rejoindront cette interdiction.
- 1er janvier 2034 : Les logements classés E la rejoindront à leur tour.
Ces dates s'appliquent telles quelles sur les six départements de la région, comme partout en métropole ; seul l'outre-mer bénéficie d'un calendrier décalé.
La vente d'un logement E
L'audit énergétique est obligatoire depuis le 1er janvier 2025 pour vendre un logement classé E en monopropriété, c'est à dire une maison individuelle ou un immeuble entier détenu par un seul propriétaire. Il s'ajoute au diagnostic sans le remplacer, et doit être remis dès la première visite.
L'audit décrit des scénarios de travaux chiffrés menant à une classe cible. Il n'oblige à rien, mais il place un montant sous les yeux de l'acquéreur, qui s'en sert. Le vendeur a intérêt à le commander avant la mise en vente plutôt que dans l'urgence d'un compromis, ne serait-ce que pour choisir son professionnel.
Un appartement en copropriété n'est pas concerné à titre individuel par cette obligation, qui vise la monopropriété. La copropriété, elle, doit disposer d'un diagnostic collectif depuis le 1er janvier 2026 dès lors que son permis de construire est antérieur à 2013, quelle que soit sa taille.
L'audit énergétique à la vente, classe par classe
- 1er avril 2023 : classes F et G.
- 1er janvier 2025 : classe E.
- 1er janvier 2034 : classe D.
Cet audit ne vise que les maisons et immeubles détenus par un seul propriétaire, cas très répandu ici où la maison individuelle domine le parc. Il s'ajoute au DPE sans jamais s'y substituer.
Faire progresser un logement E
L'objectif réaliste est de remonter de deux classes plutôt qu'une. Viser la classe C met le logement hors d'atteinte de l'échéance de 2034 comme de l'audit à la vente, et laisse une marge si une nouvelle visite ou une révision de méthode le fait redescendre d'un cran.
Sur une maison individuelle, l'ordre est stable : toiture et combles d'abord, générateur ensuite, murs enfin. En appartement, la marge individuelle est plus étroite, les gestes lourds se votant en assemblée générale ; le plan pluriannuel de travaux de la copropriété indique ce qui est déjà programmé et à quelle échéance.
Le chauffage au fioul, encore présent dans l'intérieur du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence, est le poste dont le remplacement fait bouger les deux échelles en même temps. Sur le littoral, où l'électrique domine, le gain vient d'abord de l'enveloppe, et la question du rafraîchissement se traite dans le même chantier plutôt qu'après.
Deux réflexes avant de budgéter quoi que ce soit : passer le bien au simulateur DPE gratuit pour situer la lettre probable, puis retrouver le diagnostic déjà enregistré si le logement a été vendu ou loué depuis 2021.
Les sept classes, côte à côte
| Classe | Énergie (kWh/m²/an) | Climat (kg CO₂/m²/an) |
|---|---|---|
| Classe A | jusqu'à 70 | jusqu'à 6 |
| Classe B | de 71 à 110 | de 7 à 11 |
| Classe C | de 111 à 180 | de 12 à 30 |
| Classe D | de 181 à 250 | de 31 à 50 |
| Classe E | de 251 à 330 | de 51 à 70 |
| Classe F | de 331 à 420 | de 71 à 100 |
| Classe G | plus de 420 | plus de 100 |
L'étiquette retenue est toujours la moins bonne des deux. Ces seuils sont assouplis pour les logements de moins de 40 m² depuis l'arrêté du 25 mars 2024, et le calcul de la part électrique a changé au 1er janvier 2026.